BIBLIOGRAPHIE GENERALE

Jean-Yves Masson
Université Paris IV

Le libellé du sujet et le choix des œuvres impliquent qu’on réfléchisse doublement sur la misanthropie (de quoi s’agit-il ?) et sur le fait que celle-ci peut être aussi bien objet d’un traitement comique (Ménandre, Molière, Hofmannsthal) que tragique (Shakespeare). Notre thème d’étude de cette année est l’un de ceux qui permettent le mieux réfléchir sur les correspondances entre tragédie et comédie (voir par exemple à propos de Ménandre l’ouvrage récent de Christophe Cusset : Ménandre ou la comédie tragique, CNRS Editions, 2003 ; et les réflexions d’Alain Blanchard sur le rôle des modèles tragiques chez Ménandre dans son récent ouvrage La comédie de Ménandre, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2007).

Le sous-titre connu de la pièce de Molière (même s’il ne figurait pas sur la couverture de la première édition), L’atrabilaire amoureux, indique que le personnage du Misanthrope appartient à la catégorie des mélancoliques, de ceux dont le tempérament, selon l’ancienne médecine fondée sur l’analyse des humeurs, est dominé par la « bile noire ». On devra donc s’informer sur cette tradition, tout en gardant présent à l’esprit le fait que la notion de misanthropie conduit à aborder les personnages sous un angle différent, et que la caractérisation par la mélancolie n’est pas pertinente, par exemple, chez le dyscolos de Ménandre. 

Plus que le « tempérament » du misanthrope ou que la misanthropie comme « caractère » (qui n’est pas le propos de Hofmannsthal, par exemple, qui s’attache à approfondir la complexité énigmatique de son personnage), ce qui doit retenir notre attention  est surtout le rapport du personnage principal à autrui, à la communauté politique dont il veut se séparer, et à l’humanité en général. C’est pourquoi la bonne caractérisation du misanthrope consiste à l’envisager sous l’angle qu’indique de la pièce de Hofmannsthal : comme Hans Karl Bühl, le Cnémon de Ménandre, le Timon de Shakespeare et l’Alceste de Molière sont des « hommes difficiles », que nul ne sait comment aborder, qui ne cessent de « faire des difficultés » au lieu d’accepter le jeu social tel qu’il est ; tous sont des illustrations variées d’une « difficulté » qu’il s’agira de définir, dans leur rapport avec eux-mêmes comme dans leurs relations avec les autres personnages. La comparaison entre les œuvres portera sur la manière dont cette difficulté peut changer de nature, d’origine, de degré, sur le fait qu’elle puisse ou non être résolue, et plus généralement sur l’évolution d’une tradition qui concerne prioritairement le théâtre : l’aspect résolument diachronique du programme invite à s’interroger sur la notion d’héritage littéraire. La parenté entre les œuvres étant avérée (Hofmannsthal connaissait par cœur la totalité des œuvres de Molière et de Shakespeare ; il n’a pu connaître la pièce de Ménandre, découverte trente ans après sa mort, mais il connaît la comédie antique à travers Térence, par exemple, qui imite Ménandre et ses contemporains), on pourra tenter de percevoir tout ce qui sépare la construction d’un personnage moderne de celle d’un personnage classique ou antique.

I) Corpus « périphérique » et textes fondateurs

Il bon de connaître l’existence de certaines œuvres qui illustrent la richesse de cette tradition, pour rendre justice au caractère diachronique de la question posée. Toutes ne sont pas à lire, il importe de travailler prioritairement les pièces au programme, mais la curiosité en matière littéraire n’a jamais été un défaut.

A) Suggestions de lectures autour du programme

Le premier auteur comique à mettre en scène un personnage de misanthrope a peut-être été  Aristophane, qui fait en tout cas allusion à Timon d’Athènes dans Lysistrata (vers 809) et dans Les Oiseaux (vers 1549). Timon est en effet un personnage historique sur lequel nous possédons des renseignements par plusieurs sources antiques, notamment une célèbre page des Vies de Plutarque que connaissait Shakespeare, et qu’il est utile d’aller lire. Il n’est pas sûr que Ménandre se soit inspiré de Timon, mais la postérité a fait le rapprochement, notamment grâce à un célèbre dialogue de Lucien de Samosate, Timon le Misanthrope, qui aurait pu figurer au programme : c’est le texte qu’il est le plus profitable de lire. 

Il n’est pas sûr que Lucien ait eu lui-même une connaissance précise du texte de Ménandre ; mais, alors que le Dyscolos n’a plus été connu pendant plus de mille ans qu’à travers des allusions, ce dialogue a été très en vogue à la Renaissance. Il a notamment été traduit en latin par Erasme, et en français par le plus célèbre traducteur du XVIIe siècle, Nicolas Perrot d’Ablancourt (1606-1664), dont le Lucien complet a paru en 1664. 

Plutarque et sans doute Lucien (à travers une traduction latine ou un résumé, en l’absence de traduction anglaise) sont les sources probables de la pièce de Shakespeare. 

Plutarque : Les Vies des hommes illustres, traduction d’Amyot ; édition de Gérard Walter, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1951. Voir tome 2, « Vie d’Antoine », XCI (p. 934-935).

Lucien de Samosate : « Timon le misanthrope », in Œuvres, tome III, texte établi et traduit par Jacques Bompaire. Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 2003, p. 253sq.

[On trouvera dans la préface de Jacques Bompaire les références aux principaux textes antiques où Timon est cité.]

On peut ligne en ligne et télécharger en PDF (c’est-à-dire au format Adobe) la traduction de Perrot d’Ablancourt sur le site Gallica (http://gallica.bnf.fr : dans le tome 1, aller page 22) ; une autre traduction plus récente, celle d’Eugène Talbot (Hachette, 1912), est accessible également sur le site Gallica ou sous forme numérisée à l’adresse suivante : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/table.htm

Quelques œuvres oubliées ou peu connues mériteraient la redécouverte. Leur lecture peut être instructive pour mieux mesurer l’originalité, mais aussi l’impact des œuvres majeures. Au premier rang, il convient de rappeler l’importance du jugement de Jean-Jacques Rousseau sur Le Misanthrope de Molière dans la célèbre Lettre sur les spectacles adressée à D’Alembert (dont on relira avec profit la réponse, qui réfute en particulier l’interprétation que Jean-Jacques donne de la pièce). 

La pièce de Molière occupe légitimement une place centrale dans notre programme, mais il peut être intéressant, par exemple, de retrouver le personnage de Timon chez un auteur mineur de la première moitié du dix-huitième siècle, La Drevetière-Delisle (1683-1756), auteur de nombreuses pièces écrites pour les Italiens. La troupe de Luigi Riccoboni joua avec un grand succès en 1722 son Timon le Misanthrope, une pièce qui connut de nombreuses reprises, plusieurs éditions, et fut l’un de ses grands succès. On peut la lire aujourd’hui dans une édition moderne précédée d’une intéressante analyse :

Louis-François de la Drevetière Delisle : Arlequin sauvage / Timon le misanthrope / les Caprices du cœur et de l’esprit, texte établi et présenté par Ola Forsans, Paris, Société des Textes Français Modernes (n°221), 2000.

On peut suivre ensuite le personnage du Misanthrope dans de nombreuses œuvres dont certaines auraient également pu enrichir notre programme : Le Bourru bienfaisant de Goldoni, pièce écrite en français en 1771 ; Misanthropie et repentir (Menschenhaß und Reue) d’August von Kotzebue (1761-1819), dramaturge allemand illustre en son temps, aujourd’hui quasi inconnu en France et peu estimé en Allemagne, mais qui connut avec cette pièce (traduite en français dès 1798) un succès certain (Nerval en fit plus tard une adaptation restée inédite).

On ne saurait omettre de signaler aussi les « continuations » que certains auteurs donnèrent à la pièce de Molière. Elles sont nombreuses dans la seule tradition du théâtre français : elles vont du Philinte de Molière ou la Suite du Misanthrope (1789) du célèbre révolutionnaire Fabre d’Eglantine (1750-1794) – où Philinte s’avère être un scélérat conformément au jugement de Jean-Jacques Rousseau – jusqu’à La Conversion d’Alceste de Courteline (pièce en vers jouée avec succès en 1905 au Théâtre Français, et dont une édition illustrée en complément de la pièce de Molière donna l’occasion à Anatole France d’écrire un ingénieux petit dialogue, qui est plutôt une curiosité littéraire [1] ). Il faut également signaler la pièce d’Eugène Labiche (1815-1888), Le Misanthrope et l’Auvergnat (représentée au Théâtre du Palais-Royal en 1852), où le héros misanthrope prend à son service un bougnat qui, incapable de mentir, provoque rapidement une série de catastrophes. 

On peut lire en ligne l’adaptation (très libre, en l’absence de toute traduction française accessible) de la pièce de Kotzebue telle qu’elle fut jouée en 1798 au Théâtre Français, la pièce de Philippe Fabre d’Eglantine et celle de Georges Courteline sur le site http://gallica.bnf.fr. Le Bourru bienfaisant de Goldoni [2] est numérisé sur la base Frantext de l’INALF accessible par le même site.

Il existe une édition scientifique moderne du Philinte de Fabre d’Eglantine sous la direction de Judith  K. Proud parue aux Presses de l’Université d’Exeter en 1996.

On trouve la pièce de Labiche dans le tome 1 de l’édition des Classiques Garnier (Paris, Bordas, 1991) ou dans celle de la collection Bouquins (Paris, Robert Laffont, 1991) ; on en trouvera une captation télévisée dans le coffret de trois DVD Le Théâtre de Jean Le Poulain (Universal Music, 2005). 

Il faut réserver une place à part à un chef d’œuvre de la scène autrichienne que connaissait bien Hofmannsthal, Le Roi des Alpes et le Misanthrope (Der Alpenkönig und der Menschenfeind) de Ferdinand Raimund (1790-1836), pièce typiquement viennoise, féérie très proche de l’esprit de La Flûte enchantée qui n’a encore jamais été traduite en français. 

Cette pièce est disponible dans plusieurs éditions allemandes (notamment la célèbre petite collection jaune des éditions Reclam), et elle a été numérisée dans le cadre du « Projet Gutenberg » pour la langue allemande et peut être lue en ligne en consultant le site http://gutenberg.spiegel.de.

Christian Barataud en a donné une analyse dans son article « Les avatars du Misanthrope » dans le volume de 1990 dirigé par Daniel-Henri Pageaux intitulé Le Misanthrope au théâtre (voir plus loin section IV).

Rappelons en outre que la comédie de Griboïedov, Le Malheur d’avoir de l’esprit, figura en 1990 au programme de littérature comparée de l’agrégation de lettres modernes (l’intitulé était identique à celui de cette année, Griboïedov complétait un corpus comprenant les pièces de Ménandre et Molière, et qui privilégiait par conséquent exclusivement la comédie, contrairement au programme de cette année). Dernière traduction parue de cette pièce :

Griboïédov, Alexandre : Du Malheur d’avoir de l’esprit, traduction d’André Markowicz, éd. Actes Sud, coll. Babel n°784, 2006.

Une étude complète du thème de la misanthropie au théâtre devrait certainement aller au moins jusqu’à la pièce de Jean Anouilh L’Hurluberlu ou le réactionnaire amoureux (Paris, Ed. de la Table Ronde, 1959, repris en 1970 dans le second volume des Pièces grinçantes de l’auteur), où le personnage prend une dimension politique qui n’est pas sans intérêt.

Ces lectures complémentaires seront plus utiles aux préparateurs qu’aux agrégatifs, qui doivent éviter de se disperser : mais on souhaitait signaler ici combien le programme tel qu’il se présente ne donne qu’un aperçu d’un corpus plus varié et riche qu’on ne le soupçonne d’ordinaire. 

B) Penseurs  classiques à (re)lire : Aristote, Théophraste, La Bruyère

La comédie de Ménandre s’inscrit directement dans la mouvance de l’école aristotélicienne à laquelle il doit sa formation intellectuelle. Après Aristote, le premier chef de l’école du Portique, Théophraste, est l’auteur d’une réflexion sur les caractères qui a marqué toute la pensée occidentale ; Ménandre a été son élève.

On étudiera les passages d’Aristote, dans l’Ethique à Nicomaque notamment, qui éclairent le mieux la pièce de Ménandre ; l’important est de connaître la définition aristotélicienne de la vertu comme moyen terme entre deux excès contraires. On peut recourir à la traduction classique de J. Tricot (Paris, Vrin, 1959) ou à celle toute récente de R. Bodéüs (Paris, Flammarion, coll. GF n°947, 2003).  Voir notamment :

                 définition de la duskolia : 1108a 10-27 (la traduction varie : R. Bodéüs traduit par « rustrerie »). Également au livre IV, 1128a 1-7.

                 étude de l’amitié : livre VIII, notamment 1555a – 1162a. Noter au passage en 1158a 1-3 la remarque sur la fréquente dyscolie des vieillards.

Les Caractères de Théophraste nous sont parvenus incomplets et ne contiennent pas de caractérisation de la duskolia, mais une série de réflexion sur des types voisins qui donnent une idée des repères dont disposait Ménandre pour construire ses personnages, sans les réduire à un type ; la distribution, dans Le Bourru, comporte un Flatteur (Sicon, le cuisinier, ainsi qu’il le dit lui-même), un Complaisant (Chéréas), etc. On peut relire dans la célèbre traduction de La Bruyère les chapitres « De la flatterie », « Du complaisant », « De l’épargne sordide » (Cnémon en possède des traits), « De la superstition » (en songeant au comportement de la mère de Sostrate).

Dans Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, La Bruyère lui-même fait une brève allusion à la misanthropie. Voir à la fin du chapitre « De l’homme », le n°155 (« Timon, ou le misanthrope, peut avoir l’âme austère et farouche ; mais extérieurement, il est civil et cérémonieux. »). Ce fragment éclaire moins le personnage de Molière qu’il n’annonce celui de Hofmannsthal, lecteur de La Bruyère.

Il est à peine besoin de rappeler qu’une bonne connaissance de la Poétique d’Aristote est indispensable à l’étude de Ménandre et des autres pièces, bien que la partie du texte qui nous a été transmise ne traite pas de la comédie.

II) Études et anthologies sur la mélancolie

Le tempérament atrabilaire est incontestablement un trait de l’Alceste de Molière et du Timon de Shakespeare ; Ménandre a pris soin d’éviter cette caractérisation pour son héros, bien que ses autres pièces connues démontrent qu’il la connaissait parfaitement. Il est bon de se documenter un peu sur l’histoire de cette pathologie et sur sa description par la médecine antique et classique. Outre les réflexions qu’on trouvera éparses chez Michel Foucault dans l’Histoire de la folie à l’âge classique, on peut consulter les quelques ouvrages suivants, en privilégiant les anthologies de Patrick Dandrey et d’Yves Hersant, dont la parution a accompagné une mémorable exposition sur la mélancolie dans l’art [3]

À la liste d’ouvrages ci-dessous doit s’ajouter le livre récent dirigé par Georges Zaragoza qui fait le point sur la mélancolie dans son lien avec la misanthropie (voir section IV).

AGAMBEN, Giorgio. Stanze. La parola e il fantasma nella cultura occidentale. Turin, Einaudi, 1977. Trad. fr. par Yves Hersant : Stanze, parole et fantasme dans la culture occidentale.  Paris, Bourgois, 1981 ; rééd. Payot & Rivages, « Petite Bibliothèque » n°257, 1998.

DANDREY, Patrick. Les tréteaux de Saturne : scènes de la mélancolie à l’époque baroque. Paris, Klincksieck, 2003.

DANDREY, Patrick. Anthologie de l’humeur noire. Ecrits sur la mélancolie d’Hippocrate à l’Encyclopédie. Paris, Gallimard / Le Promeneur, 2005.

HERSANT, Yves. Mélancolies : de l’Antiquité au XXe siècle. Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2005.

KLIBANDSKY, Raymond. PANOFSKY, Erwin. SAXL, Fritz. Saturn and Melancholy. Londres, Nelson, 1964. Trad. fr. : Saturne et la mélancolie, traduit par Fabienne Durand-Bogaert et Louis Evrard. Paris, Gallimard, Bibliothèque illustrée des Histoires, 1989, rééd. 1994.

PIGEAUD, J., La Maladie de l’âme. Paris, Les Belles Lettres, 1981, rééd. 1989.

Pour la pièce de Hofmannsthal, les références sont à chercher plutôt du côté de la psychiatrie moderne, avec l’influence de Ernst Mach et de Théodule Ribot (et de Freud, considéré avec plus de distance).

III) Histoire du théâtre et dramaturgie :

Quelques ouvrages, encyclopédies ou manuels, pour se familiariser avec le commentaire des pièces de théâtre et apprendre à mesurer les enjeux de l’écriture dramatique :

DUMUR, Guy (dir.) Histoire des spectacles. Paris, Gallimard, Encyclopédie de la Pléiade, 1965 ; nouvelle éd. 1981.

[Ouvrage toujours utile pour une information sur les conditions de l’art dramatique, de l’Antiquité à l’époque contemporaine.]

HUBERT, Marie-Claude.  Histoire de la scène occidentale des origines à nos jours. Paris, Armand Colin, 1992.

LARTHOMAS, Pierre. Le langage dramatique, sa nature, ses procédés. Paris, Armand Colin, 1972.

PAVIS, Patrice : Dictionnaire du théâtre. Paris, Messidor, 1987.

SCHÉRER, Jacques. La Dramaturgie classique en France. Paris, Nizet, 1966.

[Les procédures d’étude de la dramaturgie mises au point par Jacques Schérer, appliquées ensuite dans ses ouvrages classiques sur Racine ou Beaumarchais, sont de la plus grande utilité pour l’analyse des textes de théâtre en général.]

UBERSFELD, Anne. Lire le théâtre. Paris, Editions Sociales, coll. Classiques du peuple, 1978 ; rééd. Belin, 1996.

UBERSFELD, Anne. Lire le théâtre II : L’Ecole du spectateur. Paris, Editions Sociales, coll. Classiques du peuple, 1981 ; rééd. Belin, 1996.

UBERSFELD, Anne. Lire le théâtre III : Le dialogue de théâtre. Paris, Belin, 1996.

IV) Ouvrages concernant directement le programme :

FRANCO, Bernard (dir.) : Le Misanthrope au théâtre. Paris, Atlande, 2007.

PAGEAUX, Daniel-Henri (dir.) : Le Misanthrope au théâtre (Ménandre, Molière, Griboiedov). Migron, éd. J. Feijöo, 1990.

[Ouvrage publié à l’occasion d’un programme d’agrégation analogue à celui qui nous occupe cette année ; il reste d’une lecture très stimulante, notamment pour la synthèse de D.-H. Pageaux, et pour les articles de Christian Barataud sur Ménandre (« Le Dyscolos de Ménandre : éléments de misanthropologie », p. 29-114) et sur les avatars de la figure du misanthrope (« La fortune du Misanthrope et ses avatars », p. 245-276). ]

RALLO-DITCHE, Elisabeth : Le misanthrope dans l’imaginaire européen. Paris éditions Desjonquères, 2007.

[Cet ouvrage traite des trois premières pièces du programme et ne considère pas celle de Hofmannsthal.]

ZARAGOZA, Georges (dir.) : Mélancolie et misanthropie. Neuilly-lès-Dijon, éditions du Murmure, coll. Lecture Plurielle, 2007.

À signaler également un numéro de la revue Méthode à paraître, comprenant des études sur le programme.

Pour finir, on conseille la lecture de l’ouvrage de Jacques LASSALLE, L’Amour d’Alceste (Paris, POL, 2000), rassemblant des textes et réflexions par le metteur en scène qui a créé en France L’Homme difficile en 1996 et qui a mis en scène, peu après (en 1999), Le Misanthrope avec le même acteur (Andrzej Seweryn) dans le rôle principal.



[1] Molière : Le Misanthrope précédé d’un Dialogue aux Enfers par Anatole France et suivi de La Conversion d’Alceste par Georges Courteline. Paris, éditions d’Art Edouard Pelletan, 1907, Texte de France repris dans Œuvres complètes illustrées d’Anatole France,  tome XXV (Pages d’histoire et de littérature, vol. 2), Paris, Calmann-Lévy, 1935, p. 347-353.

[2] La dernière édition du Bourru bienfaisant à notre connaissance a paru à l’Imprimerie Nationale en 1994 dans la collection « Le Spectateur français ». 

[3] Outre le catalogue de cette exposition dû à Jean Clair (Mélancolie : génie et folie en Occident. En hommage à Raymond Klibansky 1905-2005.  Paris, Gallimard / Réunion des Musées Nationaux, 2005) on pourra consulter les actes du colloque De la mélancolie, sous la dir. de Jean Clair et Robert Kopp, Paris, Gallimard, « Entretiens de la fondation des Treilles », 2007.

 

 

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