Agrégation de Lettres Modernes 2007 : Question de littérature comparée

Naissance du roman moderne
Bibliographie : Laurence Sterne, Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme

Madeleine Descargues-Grant
Université de Valenciennes

I. Bibliographies
-Lodwick Charles Hartley, Laurence Sterne in the Twentieth Century: An Essay and a Bibliography of Sternean Sudies, 1900-1965, Chapel Hill, U of North Carolina Press, 1966.
-———, Laurence Sterne: An Annotated Bibliography, 1965-1977 with an Introductory Essay-Review of the Scolarship, Boston, G. K. Hall, 1978.

-Alain Bony, « Laurence Sterne : The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman. Bibliographie sélective et critique », Bulletin de la Société d’Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe Siècles 17 (1983), pp. 35-64.
Ces trois bibliographies se complètent pour présenter un panorama pratiquement exhaustif de 1900 à 1983. Tristram Shandy, pour mémoire, fut mis au programme de l’agrégation d’anglais en 1984, avant d’y figurer en 2007, pour l’option littérature.

-http://andromeda.rutgers.edu/~jlynch/Biblio/shandy.html
Bibliographie annotée de Jack Lynch, Rutgers University, mise à jour en 1995. La partie critique, largement anglo-saxonne, porte essentiellement sur la période 1978-1995. La bibliographie en ligne de Martha Bowden est moins complète et moins fiable.

II. Sources primaires

Edition recommandée
-Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme, traduction de Charles Mauron, préface et notes de Serge Soupel, GarnierFlammarion n°371, 1982. La préface constitue une très bonne introduction à l’œuvre. Soupel a révisé la ponctuation de la traduction de Mauron (1946), la répartition des italiques et des majuscules, conformément aux exigences de forme du texte original et dans l’esprit de Sterne, qui accordait un soin maniaque à la typographie, en particulier à la longueur des tirets qui structurent son écriture. Il a en outre apporté des notes qui remédient en bonne part aux omissions de Mauron. La qualité de cette édition a été unanimement saluée.

Autres éditions

Il faut signaler l’existence d’une autre traduction, plus récente, et qui mérite quelques mots de commentaire :
-La Vie et les opinions de Tristram Shandy, gentilhomme, traduction, préface et notes de Guy Jouvet, Auch, Éditions Tristram, 2004. Le traducteur s’y est repris à deux fois, puisqu’un premier tome, comprenant les volumes 1 et 2, est paru chez le même éditeur en 1998, avec pour particularité de proposer 150 pages de notes en petits caractères, en sus des 300 pages de texte, soit autant de notes que de texte. Le livre paru en 2004 propose les 9 volumes de Tristram Shandy, avec un appareil de notes nettement allégé et une préface où le traducteur défend « son » Sterne. Le travail d’interprétation et d’explicitation du texte de Sterne est époustouflant. Toutefois, sans se ranger dans la tradition des belles infidèles, ce travail sort souvent des limites d’une traduction et prend l’option de « réinterpréter » le texte, au sens ou l’on réinterprète un standard de jazz, sans craindre les effets de redondance de l’écriture, voire l’effet de pastiche. Recensions de Frédéric Ogée dans La Quinzaine littéraire 875, 16-30 avril 2004, p. 13, d’Anne Bandry et Brigitte Friant-Kessler dans le Shandean 15, 2004, pp. 169-173 ; article de Madeleine Descargues, « Les textes perdus et retrouvés de Tristram Shandy, ou le hobby-hors(e) texte », BSEAA 62, à paraître en juin.
Il existe d’autres traductions encore bien sûr, notamment celle de Fresnais, presque contemporaine de la publication, belle très infidèle au charme d’époque. La première traduction fidèle, de Léon de wailly (1842), est en ligne sur www.Gallica.bnf.fr

Éditions en anglais

-The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman, ed. Melvyn New and Joan New, Harmondsworth, Penguin Classics, 1997, introductory essay by Christopher Ricks, introduction and notes by Melvyn New.Cela à défaut de casser sa tirelire pour disposer de l’édition de référence des œuvres complètes, en cours, dirigée par Melvyn New à la Florida UP (1978-) qui fournit d’abondantes annotations (vols 1 and 2, Tristram Shandy, 1978, vol. 3, Notes, 1984). L’édition Penguin comprend 4 reproductions, d’après 2 gravures de Hogarth illustrant Tristram Shandy, auxquelles Sterne attachait beaucoup de prix. L’essai introductif de Ricks, toujours d’actualité, porte sur la conscience aiguë, déployée dans la narration de Tristram, des pouvoirs et des limites du romancier en cet âge expérimental que fut le dix-huitième siècle.

Il faut signaler ici que l’édition recommandée pour l’agrégation d’anglais est :
-Howard Anderson, New York, London, Norton, 1980. Les éditions Norton proposent toujours un appareil contextuel (notamment la correspondance de l’auteur) et critique appréciable à la suite du texte, et celle-ci ne fait pas exception à la règle. Toutefois il faut signaler que, réalisée au même moment que la Florida edition, elle n’incorpore pas les mises au point textuelles et typographiques de cette dernière, ni ne comporte d’illustrations. Les articles critiques ne vont pas au-delà des années soixante-dix.

-Uchida Masaru, « Laurence Sterne in Cyberspace ».
http://www.gifu-u.ac.jp/~masaru/Sterne_on_the_Net.html
Ce site comprend de nombreux liens avec des versions numérisées des œuvres de Sterne, notamment :
-« The Tristram Shandy Web » (IULM University of Milan).
http://www.tristramshandyweb.it/home.htm
On peut s’y faire une idée du texte de Sterne dans sa présentation originale, d’après une édition de 1760. « The Tristram Shandy Web » est en fait une édition critique du texte de Tristram Shandy en format hypertexte, donnant accès à une mine de matériel critique, de sources et d’illustrations.

Autres œuvres de Sterne

-Voyage sentimental à travers la France et l’Italie, traduction d’Aurélien Digeon, préface et notes de Serge Soupel, GarnierFlammarion n°372, 1981. Traduction superbe et exacte. C’est le texte le plus connu de Sterne, le plus méconnu aussi, puisqu’il lui a valu la réputation d’un sentimentalisme larmoyant, alors qu’il ne le cède en rien à Tristram Shandy pour la verdeur du ton et le jeu sur l’équivoque, qui va au-delà de la taquinerie du lecteur et intègre la démarche socratique à la réception de la fiction.

Sterne est aussi l’auteur de beaux sermons, malheureusement non traduits en français (sauf sous forme d’extraits ; voir Descargues ci-dessous). Le plus célèbre de tous est bien sûr celui qui figure dans Tristram Shandy (vol. 2, chapitre 17) et qui valut à son auteur les commentaires admiratifs de Voltaire dans son Dictionnaire philosophique (1771).

-Le Roman politique, Le Journal à Eliza, traduction et préface de Serge Soupel, Grenoble, Cent pages, 1987. Là encore, traduction excellente et fidèle. Ce livre offre, si l’on peut dire, les deux extrêmes du talent de Sterne. Le Roman politique, texte satirique et contribution de Sterne à la vie politique locale et aux querelles de parti, fut publié en 1759, quelques mois avant Tristram Shandy. Pour preuve de son efficacité, ce brûlot fut rapidement brûlé. Il ne rapporta rien en revanche à son auteur en matière d’appui politique. Sterne écrivit plus tard dans sa correspondance qu’il regrettait  d’avoir mis sa plume au service d’hommes de parti. Le nom, sinon l’exact personnage de Trim, y fait son apparition. Quant au Journal à Eliza, il faut le mentionner à titre de contre-exemple : exercice thérapeutique d’apitoiement sur lui-même d’un auteur malade et dépressif, et deuil d’un fantasme de liaison reconverti en inspiration sentimentale, il fournit une partie de la matière première retravaillée pour le Voyage sentimental, qui lui succède immédiatement (1767). Encore faut-il ajouter que Sterne ne destinait en aucun cas ce journal intime à la publication.

-Lewis Perry Curtis, ed, Letters of Laurence Sterne, Oxford, Clarendon Press, 1935, 1967. Le magnifique travail d’éditeur de Curtis est toujours d’actualité puisque la Florida edition n’a pas encore publié le volume correspondant à la correspondance de Sterne.

Adaptations contemporaines de Tristram Shandy
-Martin Rowson, The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman, Woodstock, N. Y., The Overlook Press, 1996. Martin Rowson, dessinateur humoristique réputé, qui publie régulièrement dans le Guardian, l’Observer, etc., n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a également publié une version en bande dessinée de The Waste Land, de T. S. Eliot, saluée comme un chef d’œuvre et adaptée en un opéra.

-Michael Winterbottom vient de réaliser un film, Tristram Shandy : A Cock & Bull Story, par référence au calembour qui constitue la dernière réplique de Tristram Shandy.
Ce film, dont la version DVD est réputée accessible depuis le 16 mai, sortira en France le 11 juillet 2006. Des informations et même une bande annonce sont disponibles sur les sites suivants :
http://movies2.nytimes.com/gst/movies/trailer.html?v_id=317144
http://www.apple.com/trailers/picturehouse/tristramshandy/large.html (broadband required)
Picturehouse official movie site: http://www.tristramshandymovie.com/
Comme on n’est pas à une bizarrerie près, Brigitte Friant-Kessler (que je remercie pour la transmission des informations et des liens qui précèdent) me signale que ce film a été primé à Istanbul, le 14 avril 2006 et a reçu la Golden Tulip Award.

III. Sources secondaires

Biographies

-Arthur H. Cash, Laurence Sterne: The Early and Middle Years, London, Methuen, 1975.
-———, Laurence Sterne: The Later Years, London and New York, Methuen, 1986. Une grande biographie, à l’américaine dans le meilleur sens du terme, alliant la rigueur scientifique et le souci du détail à la réflexivité, par la conscience de sa propre dimension fictionnelle.

-Henri Fluchere, Laurence Sterne : de l’homme à l’œuvre. Biographie critique et essai d’interprétation de Tristram Shandy, Paris, Bibliothèque des Idées, Gallimard, 1961. Bien que datée dans sa démarche psychocritique, cette vaste monographie aide à se construire une persona de Sterne nuancée, penchant plutôt du côté pathétique. Comme le titre l’indique, il ne s’agit pas seulement d’une biographie, mais aussi d’une lecture critique pleine de finesse et de sympathie pour l’auteur.

-Ian Campbell Ross, Laurence Sterne: A Life, Oxford, Oxford UP, 2001. La plus récente des biographies de Sterne, qui ne supplante pas celle de Cash, mais qui est plus compacte et plus largement disponible. Elle noircit un peu par rapport à cette dernière la personnalité de Sterne mais a le mérite de souligner le caractère d’entreprise publicitaire et commerciale qu’eut le lancement de Tristram Shandy.

Contexte social et culturel de la production romanesque en Angleterre

-Madeleine Descargues, Prédicateurs et journalistes : petits récits de la persuasion en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle, Lille, PU du Septentrion, 2004. Sterne fait l’objet des pp. 69 à 107. Extraits de sermons traduits pp. 232-249.

-Jean DucroCQ, Suzy Halimi et Maurice Lévy, éds, Roman et société en Angleterre au XVIIIe siècle, Paris, PUF, 1978. Outre un bref chapitre sur Sterne (pp. 131-143), cet ouvrage introduit au contexte de la création romanesque et aux grands romans du siècle, sans schématisme et sans omission.

-James Sambrook, The Eighteenth Century: The Intellectual and Cultural Context of English Literature 1700-1789, London and New York, Longman, 1986. Tour d’horizon très complet sur le siècle où naît l’esthétique, qui permet de situer Sterne dans l’histoire des idées, religieuses et philosophiques, sans que Tristram Shandy soit toutefois abordé en tant que tel.

-Ian Watt, The Rise of the Novel, London, Chatto & Windus, 1957; The Hogarth Press, 1987. Les deux premiers chapitres analysent en termes sociologiques la constitution d’un nouveau lectorat et d’un nouveau genre — le roman — dans la société marchande britannique du dix-huitième siècle, pp. 9-59 ; étude désormais classique que toutes les autres prennent comme point de référence, même pour la nuancer ou la contredire. Une brève mention de Tristram Shandy, pp. 290-94.

Sterne et Tristram Shandy

Ouvrages

-Madeleine Descargues, Correspondances: étude critique de la correspondance de Laurence Sterne dans son œuvre, Paris, Didier, 1994. La correspondance de Sterne est le laboratoire où se construit la persona de l’auteur : Sterne s’y exerce à devenir Sterne, c’est-à-dire Shandy, ou Tristram, ou Yorick, selon l’humeur et le besoin.

-Jean-Claude Dupas, Sterne ou le vis-à-vis , Presses Universitaires de Lille, 1984. Sur le rapport à l’autre dans l’espace fictionnel sternien, à propos du Voyage Sentimental.

-Cécile Guilbert, L’Écrivain le plus libre, Paris, Gallimard, 2004. Livre d’humeur et d’opinion, d’une lectrice passionnée de Nietzsche et de Sterne.

-Thomas Keymer, Sterne, The Moderns, and the Novel, Oxford, Oxford UP, 2002. Un ouvrage qui marque un dépassement de la querelle entre les tenants de la lecture contextuelle d’un Sterne satirique et les tenants d’un Sterne pré ou post-moderne.

-* Richard Lanham, Tristram Shandy: The Games of Pleasure, Berkeley and Los Angeles, U of California P, 1973. À partir de la théorie du jeu (Huizinga, Caillois), une analyse du monde de Tristram Shandy comme trouvant son (absence de) sens dans la recherche du plaisir, le récit lui-même plongeant aux sources des traditions rhétoriques de la Renaissance.

-Helen Moglen, The Philosophical Irony of Laurence Sterne, Gainesville, UP of Florida, 1975. Sur Locke et Sterne, accentue la dimension philosophique sérieuse de l’œuvre de Sterne.

-Melvyn New, Laurence Sterne as Satirist: A Reading of Tristram Shandy, Gainesville, U of Florida Press, 1969. La première prise de position de New, qui place Sterne fermement dans la tradition satirique classique.
-–––––Tristram Shandy: A Book for Free Spirits, New York, Twayne Publishers, 1994. Présentation générale.

-Alexis Tadie, Sterne’s Whimsical Theatres of language: Orality, Gesture, Literacy, Aldershot, Ashgate, 2003. Tristram Shandy dans une perspective non pas générique mais linguistique, à la croisée des chemins entre une oralité en déclin et une culture montante de l’imprimé et de la presse.

-* John Traugott, Tristram Shandy’s World: Sterne’s Philosophical Rhetoric, Berkeley, U of California Press, 1954. Un livre qui a fait date dans la critique sternienne, en situant Sterne du côté des modernes et de Locke, et en faisant de Tristram Shandy une réflexion sur les frustrations de la communication.

-Peter de voogd et John Neubauer, eds, The Reception of Laurence Sterne in Europe, London-New York, Thoemmes Continuum, 2004. À signaler en particulier les chapitres sur la réception en France, de Lana Asfour, « Movements of Sensibility and Sentiment: Sterne in Eighteenth-Century France », pp.9-31, et d’Anne Bandry, « Romantic to Avant-Garde: Sterne in Nineteenth- and Twentieth-Century France », pp.33-67.

Recueils d’articles

-Arthur Cash and J. M. Stedmond, eds, The Winged Skull: Papers from the Laurence Sterne Bicentenary Conference, Methuen & co, 1971. Colloque historique à l’origine de la restauration de la maison de Sterne, Shandy Hall, dans le Yorkshire. De nombreux essais ont été ensuite développés par leurs auteurs.

-Alan B. Howes, Sterne: The Critical Heritage, London and Boston, Routledge and Kegan Paul, 1974. Permet de mesurer l’impact critique de l’œuvre de Sterne (principalement Tristram Shandy mais aussi A Sentimental Journey) et son influence en Europe, des années de première parution jusque 1830.

-* Thomas Keymer, Laurence Sterne’s Tristram Shandy, Oxford, Oxford UP, 2006. Essais publiés entre 1991 et 2001. Tour d’horizon assez complet, balayant genre et intertexte, ainsi que le contexte culturel de la presse écrite et de la célébrité, le corps, la narratologie, la politique.

-Melvyn New, ed. Approaches to Teaching Sterne’s Tristram Shandy, New York, MLA, 1989. Un ouvrage original, car composé par des chercheurs dans un souci pédagogique : comment faire passer Tristram Shandy dans la salle de cours ? Dix-neuf articles courts et efficaces.
-­­­* –––—–, Critical Essays on Laurence Sterne, New York, G. K. Hall & Co., 1998. L’intertexte, les dimensions sceptique, érotique, éthique de l’œuvre de Sterne.

-David Pierce et Peter de Voogd, eds, Laurence Sterne in Modernism and Postmodernism, Amsterdam, Rodopi, 1996. Sterne rapproché de grands auteurs du vingtième siècle et contemporains.

-John Traugott, ed. Laurence Sterne: A Collection of Critical Essays, Englewood Cliffs, Prentice, 1968.

The Shandean

-The Shandean: An Annual Volume devoted to Laurence Sterne and His Works, published by the Laurence Sterne Trust, gen. ed. Peter J. De Voogd, 1989-
Cette revue internationale sise en Europe se doit d’être dans l’esprit de Sterne: érudite et ouverte aux idiosyncrasies de tous les amateurs ou chercheurs.
Le site contient, outre la table des matières de chaque volume depuis 1989, des images de la maison de Sterne, Shandy Hall, et de ses très beaux jardins, ainsi que des illustrations des œuvres de Sterne aux dix-huitième et dix-neuvième siècles.
http://www.let.uu.nl/~Peter.deVoogd/shandean/

Articles, essais, chapitres d’ouvrages sur Tristram Shandy

-Robert Alter, « Sterne and the Nostalgia for Reality », in Partial Magic: The Novel as a Self-Conscious Genre, Berkeley, U of California Press, 1975, pp. 30-56. Une étude qui place résolument Sterne dans l’ère post-moderne.

-Anne Bandry, « Tristram Shandy ou le plaisir du tiret », Études Anglaises 41 (1988), pp. 143-54. Sterne n’est pas seulement l’inventeur du gag typographique car le tiret est, plus qu’un maniérisme, la respiration de la phrase.
-———, « Tristram Shandy : un protocole caracolant », RANAM (Recherches Anglaises et Nord-Américaines, Strasbourg) 26, 1993, pp. 103-112.
-———, « Imitations of Tristram Shandy », in Critical Essays, ed. New, pp. 39-52.
-* ———, « Romantic to Avant-Garde: Sterne in Nineteenth- and Twentieth-Century France », in The Reception of Laurence Sterne in Europe, pp.33-67. Chronique exhaustive et allègre de la réception de Sterne en France et de ses liens avec les mouvements et modes littéraires ; lecture indispensable.

-Alain Bony, « Terminologie chez Sterne », Poétique 29 (1977), pp. 28-49. Reproduit in Bony, Leonora, Lydia et les autres, Lyon, PUL, 2004, pp. 287-314. La fiction « inachevée » de Sterne comme stratégie de figuration du désir hors-discours qui porte le texte à l’existence.
-* ———, « La Couture et le gond : la page marbrée dans Tristram Shandy », Études Anglaises 37 (1984), pp. 14-27. Analyse de la page marbrée dans la logique textuelle et l’économie narrative de Tristram Shandy. Repr. in Bony, Leonora, Lydia et les autres, Lyon, PUL, 2004, pp. 315-329.

-* Wayne Booth, « Did Sterne Complete Tristram Shandy? » MP 47 (1951), pp. 172-183. Reproduit dans l’édition Norton, pp. 532-548.
-––––––, « The Self-Conscious Narrator in Comic Fiction before Tristram Shandy », PMLA 67 (1952), pp. 163-85.
-–––––, The Rhetoric of Fiction, Chicago, UP of Chicago, 1961. Étude de la cohérence formelle de Tristram Shandy, pp. 221-240, dans un ouvrage qui fait partie de l’histoire du renouvellement de la critique du roman (et donc de la narratologie) par l’étude du point de vue. Gérard Genette fait quant à lui de très brèves références à Sterne dans Palimpsestes, Paris, Seuil, 1982, p. 236, p. 392.

-Arthur H. Cash, « The Birth of Tristram Shandy: Sterne and Dr. Burton », in Studies in the Eighteenth Century I, ed. R. F. Brissenden, Canberra, Australian National UP, 1968. Repr. in Sexuality in Eighteenth-Century Britain, éd. Paul Gabriel Boucé, Manchester UP, 1982, pp. 198-224.
–––––, « The Sermon in Tristram Shandy », ELH 31 (1964), pp. 395-417.

-Marie-Hélène Chabut, «  Tristram Shandy  ou l'histoire de l'écriture », Dix-Huitième Siècle 19, 1987, pp. 391-409.

-Victor Chklovski, « Le Roman parodique », in O Teorii Prozy, Moscou, 1929, trad. par Guy Verret, Sur la théorie de la prose, Lausanne, Editions l’Age d’Homme, 1973, pp. 211-244. Point de référence également pour les critiques anglophones, l’essai du formaliste russe, militant contre le « réalisme » en littérature, revendique le caractère avant-gardiste de la prose de Sterne et fait de Tristram Shandy « le roman le plus caractéristique de la littérature universelle ». En anglais :
-Viktor Shklovsky,. « A Parodying Novel: Sterne’s Tristram Shandy ». Repr. In Traugott, pp. 66-89.

-Madeleine Descargues, « In Pursuit of Sterne’s Epistolary Persona », The Shandean 4 (1992), pp. 167-80.
-———, « Tristram Shandy and the Appositeness of War », The Shandean 4, pp. 63-77. Repr. in Keymer, pp. 240-258.
-––––—, « The Death and Performance of Tristram Shandy » À paraître fin 2006, in Representation and Performance in the 18th Century, Wissenschaftlicher Verlag Trier.

-Jean-Claude Dupas, « The Life and Opinions of Tristram Shandy: L’interrogation de la conscience de soi », in Genèse de la conscience moderne : Études sur le développement de la conscience de soi dans les littératures du monde occidental, éd. Robert Ellrodt, Paris, PUF, 1983, pp. 204-212.

-* Christopher Fanning, « Small Particles of Eloquence: Sterne and the Scriblerian Text », Modern Philology 100:3, 2003, pp. 360-92. Sterne dans la tradition de Rabelais, Cervantes, Swift et Pope et la réflexivité rhétorique du texte. Disponible en ligne par Literature Resource Center (ressource électronique à laquelle certaines bibliothèques universitaires sont abonnées).
-–––––, « On Sterne's Page: Spatial Layout, Spatial Form, and Social Spaces in Tristram Shandy », Eighteenth-Century Fiction 10:4, 1998, pp. 429-450. [Signalée par Anne Bandry, une erreur p 432 : Le 1er éditeur de TS n’est pas Dodsley mais Ann Ward à York] La forme spatiale du texte et son rôle dans la narration. Disponible en ligne :
http://www.humanities.mcmaster.ca/%7Eecf/Articles/Fanning429-450.pdf

-John Freeman, « Delight in the (Dis)Order of Things: Tristram Shandy and the Dynamics of genre », Studies in the Novel 34:2, summer 2002, pp. 141-161. Disponible en ligne par Literature Resource Center

 

-Brigitte Friant-Kessler, « ‘Curious Cuts’ and Sterne in the Catena Librorum Tacendorum », The Shandean 15 (2004), pp. 117-133. Analyse d’une édition pornographique de Tristram Shandy. Deux articles du même auteur dans le Bulletin de la Société d’Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe Siècles 58 (juin 2004), pp. 147-167 et pp. 183-198 permettent de voir plusieurs illustrations de Tristram Shandy  postérieures à la mort de Sterne.

-Elizabeth W. Harries, « Sterne’s Novels: Gathering up the Fragments », in ELH 49, 1982, pp. 35-49. Repr. in Critical Essays, ed. New, pp. 257-269

-Eugene Hnatko, « Sterne’s Conversational Style », in Cash, pp. 229-36.

-Thomas Keymer, « Sterne and the ‘New Species of Writing’ », in Keymer, pp. 50-75.

-* D. W. Jefferson, « Tristram Shandy and the Tradition of Learned Wit », Essays in Criticism 1 (1951), repr. in Traugott, pp. 148-167 et dans l’édition Norton, pp. 502-521. Un essai qui montre en quoi Sterne se rattache à la tradition scolastique.

-John C. Leslie, « Music’s Sentimental Role in Tristram Shandy », Papers on Language and Literature: A Journal for Scholars and Critics of Language and Literature 41 :1, winter 2005, pp. 55-66.

-Jean-Jacques Mayoux, « Laurence Sterne parmi nous », Critique 18 (1962), pp. 99-120. Republié par John Traugott.
-* –––––, « Temps vécu et temps créé dans Tristram Shandy », Poétique 2 (1970), pp. 174-186. Classique de l’analyse sur le temps, repr. en anglais notamment dans l’édition Norton, pp. 571-584.
-––––, « Le Monde de Sterne comme réalité et comme représentation », in De Shakespeare à T. S. Eliot, Mélanges offerts à Henri Fluchère, Paris, Didier, 1976, pp. 193-206.

-David Mazella, « ‘Be Wary, Sir, When You Imitate Him’: The Perils of Didacticism in Tristram Shandy », Studies in the Novel 31 :2, summer 1999, pp. 152-177. Disponible en ligne par Literature Resource Center.

-Melvyn New, « Sterne and the Narrative of Determinateness », in Critical Essays, pp. 127-139, repr. in Keymer, pp. 191-209.
———, « Proust’s Influence on Sterne: Remembrance of Things to Come », in Critical Essays, pp. 177-197.

-Frédéric Ogée, « Pli ou face ? Autour d’une page de Tristram Shandy, » Études Anglaises 44 (1991), pp. 257-271.

-Helen Ostovich, « Reader as Hobby-horse in Tristram Shandy », Philological Quarterly  68, 1989, pp. 325-342. Repr. in. Keymer, pp. 171-190.

-J. T. Parnell, « Swift, Sterne and the Skeptical Tradition », in Critical Essays, ed. New, pp. 140-158, repr. in Keymer, pp. 23-49.

-Shaun Regan, « Print Culture in Transition: Tristram Shandy, the Reviewers, and the Consumable Text », Eighteenth-Century Fiction 14:3-4 (2002), pp. 289-309.

-Serge Soupel, « Tristram Shandy, roman piégé », BSEAA 17 (1983), pp. 129-138.
-––––­­Apparence et essence dans le roman anglais de 1740 à 1771 : l’écriture ambiguë. Paris, Didier, 1983. pp. 200-206.

-Patricia Spacks, « The Beautiful Oblique: Tristram Shandy », Imagining a Self: Autobiography and Novel in Eighteenth-Century England, Cambridge, Harvard UP, 1976, pp. 127-157.

-* J. M. Stedmond, « Style and Tristram Shandy », Modern Language Quarterly, sept. 1959, 20: 3, pp. 243-251. Sterne dans la tradition baroque anti-cicéronienne, à la suite de Rabelais et de Cervantes.

-Alexis Tadie, « Tristram Shandy et les problèmes de l’énonciation : le désordre du discours », Fabula 5 (1985), pp 127-138.

-Clarence Tracy, « As Many Chapters as Steps », in The Winged Skull, ed. Cash, pp. 97-111. Fait le lien entre le roman et la biographie intime, en tant que les deux genres neufs du dix-huitième siècle.

-* Dorothy Van Ghent, The English Novel: Form and Function, New York, Harper Torchbooks, 1961 (first ed. 1953). Dans cette étude importante qui va de Cervantes à Joyce, « On Tristram Shandy » analyse l’apport spécifique de Sterne au roman comme la création d’un monde fictionnel prenant pour modèle l’esprit humain, pp. 83-98.

-* Donald R. Wehrs, « Sterne, Cervantes, Montaigne: Fideistic Skepticism and the Rhetoric of Desire », Comparative Literature Sudies 25 (1988), pp. 127-151. Sterne dans l’histoire des idées et du scepticisme (fidéiste) analysé par Richard Popkin comme une réponse à la Réforme.

-IanWatt, « The Comic Syntax of Tristram Shandy », in Howard Anderson and John S. Shea, eds, Studies in Criticism and Aesthetics, 1660-188: Essays in Honour of Samuel Holt Monk, Minneapolis, U of Minnesota P, 1967, pp. 315-331.

-Virginia Woolf, « Sterne », Times Literary Supplement, 13 August 1909, pp. 289-90. Repr. in Granite and Rainbow, The Hogarth Press , 1958, pp. 167-175.

Articles parus dans la presse française

Tristram Shandy ayant occupé la une de la presse de critique littéraire à l’occasion de la parution de la traduction de Guy Jouvet en 2004, le Magazine Littéraire n°432 (juin 2004) comporte plusieurs articles sur l’œuvre, dus à Nadine Sautel, Raoul Vaneighem, Jacques Jouet et Éric Chevillard, pp. 98-103.

Cette bibliographie a été réalisée avec le concours d’Anne Bandry, Université de Mulhouse.